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Arthur Balle (1878-1954) fourit on sicrijheu walon d' Cerfontinne et diccionairî.

Dins ene conferince, Pocwè scrire e walon ?, i respond: «Paski l' lingaedje walon, c' est l' esprit d' nos djins, li tuzance di nosse sôre, po nozôtes waitî dins les coines, åtoû d' nos; li francès, l' inglès et l' almand nos aidront bén a vir did pus lon.»

Il est li fjheu do Motî d' Cerfontinne.

Après l’École moyenne, Arthur Balle fait carrière à la SNCB à Bruxelles, qu’il termine comme inspecteur de direction. En 1936, il devient correspondant du Musée de la Vie Wallonne et collabore également aux Amis de nos Dialectes.

Grâce à lui, Cerfontaine est une des localités wallonnes sur laquelle on possède une des plus riches collections de documents sur le parler local et les traditions.[1]

Une plaque en métal en sa mémoire a été fixée par le S.I. en 1979 sur sa maison natale au n° 20, Au-delà de l'Eau; celle-ci a été remplacée en 1993 par une stèle en pierre tandis qu'un rond-point rappelle également son nom au début de la même rue depuis 1998.

En octobre 1992 a été fondée, à l'instigation de Jean Dercq, l'Académie Arthur Balle ou Cèrke des Foyans, qui se réunissait chaque mois pour parler le wallon local et approfondir ses connaissances linguistiques; un bulletin mensuel a également été publié jusqu'en 2014 (soit au total plus d'une centaine de numéros). En outre, André Chauvaux, une des chevilles ouvrières du Cercle, a publié — à partir du Dictionnaire du parler wallon de Cerfontaine d'Arthur Balle — le Dictionnaire français-wallon de Cerfontaine (393 pages A4 sur deux colonnes, avec une annexe grammaticale de 22 pages — toujurs disponible au Musée de Cerfontaine). Dans cet essai remarquable, les exemples abondent, comme pour le mot "gifle" que l’on peut traduire à Cerfontaine par 9 mots différents : alape (du latin alapa, soufflet), bafe, calote, mârgnoufe, etc. Depuis la préposition “à” qui compte 93 acceptions comme : à l’aise (traduit par pyame-pyame) ou : à plus forte raison (abèle) jusqu’à zona (singue dè feu) ou zut (brosse ou chî... — ce dernier mot wallon, écourté par bienséance, est également employé couramment tel quel aux États-Unis dans le même sens !), le lecteur attentif sera enchanté, c’est sûr et certain; mieux, il boira du petit lait...

BibliographieCandjî

  • Jules Herbillon, In memoriam Arthur Balle (1878-1954), Revue Les Dialectes Belgo-Romans, 1954 & cahier du Musée de Cerfontaine n° 115, 1999.
  • Oeuvres d’Arthur Balle publiées par le Musée de Cerfontaine :
  • Intréz vîr èm’ djârdin ?, cahier n° 92, 20 pages, (aphorismes en dialecte de Cerfontaine), 1970.
  • Les noms de personne à Cerfontaine (noms, prénoms et surnoms), cahier n° 39, 75 pages, 1976.
  • Finances communales cerfontainoises (1685-1794), cahier n° 4, 27 pages, 1976.
  • Saquants fauves èt deûs trwès biestrîyes, cahier n° 93, 64 pages, poèmes en wallon, 1978.
  • Toponymie de Cerfontaine, cahier n° 33, 75 pages, notes sur 750 lieux-dits, 2 cartes, 1980.
  • Le dictionnaire wallon de Cerfontaine, cahier n° 90, 327 pages, 6.000 mots, 12.000 expressions, 1990.
  • Cerfontaine, mon beau village, texte de la Conférence prononcée le dimanche 9 décembre 1951 par M. Arthur Balle, à la tribune de l'Association des Auteurs Wallons en Brabant, reproduite dans le cahier n° 115, 1999.

Notes

  1. Jules Herbillon, In memoriam Arthur Balle (1878-1954), Revue Les dialectes belgo-romans, tome XI, 2, 1954)